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Sylvie Plath ou l’élégance de la douleur




Sylvia Plath (1932-1963) écrivait essentiellement des poèmes. « La cloche de détresse » est son unique roman, d’inspiration autobiographique. En 1953, Sylvia Plath tombe malade d’une dépression.



Résumé de l’éditeur (Gallimard): « Esther Greewood, dix-neuf ans, est à New-York avec d’autres lauréates d’un concours de poésie organisé par un magazine de mode. De réceptions en soirées passées pour tuer le temps, ce sont quelques jours d’une existence agitée et futile qui vit la narratrice. En même temps, elle se souvient de son enfance, de son adolescence d’étudiante américaine, des amours qu’elle a connues. Tout bascule lorsque Esther quitte New-York. Tentatives de suicide, traitement de choc, guérison, rechutes, et, pour finir, l’espoir Esther est à la fois « patiente » dans l’univers hospitalier et observatrice au regard aigu de ce monde, qui a pour toile de fond l’Amérique des années 50 ».



Il est très rare que je m’empare d’un marqueur pour souligner les passages d’un livre. Or, en lisant, « La cloche de détresse », j’aurais voulu souligner chaque phrase, chaque sensation, chaque cadeau brut que l’autrice dépose sur le papier. Sylvie Plath m’évoque la performance de Nicole Kidman interprétant le rôle de Virginia Woolf dans le film « The Hours ». Alors qu’elle discute avec ses neveux et sa sœur, Virginia fixe un point dans le vide et pense : « Elle doit mourir » en pensant à son héroïne ; Mrs Dalloway. Sa sœur rétorque, de mémoire ; « Virginia ? … Votre tante a de la chance, les enfants, elle a deux vies : la sienne et celle du livre qu’elle est en train d’écrire ». Sylvia Plath, je l’imagine comme cela : une femme éternellement perdue dans ses pensées, incapable d’être ancrée dans le présent, rencontrant d’immenses difficultés à interagir avec autrui.



« Puis, il [le psychiatre] s’adosserait à son fauteuil, il joindrait le bout de ses doigts pour faire une petite colline et il me dirait pourquoi je ne pouvais pas dormir, pourquoi je ne pouvais pas lire, pourquoi je ne pouvais pas manger et pourquoi tout ce que faisaient les gens me semblait tellement vain puisqu’au fond, ils allaient tous mourir ».



Esther Greewood subira des électrochocs en hôpital psychiatrique. Cette méthode barbare la térrifie, elle ne supporte pas qu’on la prenne pour une folle ; insolente, elle remet l’ensemble des professionnels à leur place.



« La cloche de détresse » se termine sur une note d’espoir. Malheureusement, la vie de Sylvia Plath finira de façon dramatique. Ce livre devrait être lu par tou(te)s afin de mieux comprendre les méandres de la dépression, du désespoir et de l’horreur de voir le monde tel qu’il est avec une acuité telle que même l’intelligence ne peut nous sauver.



Aurore Van Opstal

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