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Il n’est jamais trop tard





« Arnaud (…) est dérivé de « arn » qui signifie « aigle »1 », entre autres. Dans le poème de José-Maria de Heredia intitulé ‘La mort de l’aigle’, ce passage résume ce qui s’est passé dans la courte existence de feu Arnaud :


« Il plane sur l'orage et monte vers l'éclairMais la foudre d'un coup a rompu ses deux ailes.Avec un cri sinistre, il tournoie, emportéPar la trombe, et, crispé, buvant d'un trait sublimeLa flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme . »2



Vers la fin août 2021, sortie de plusieurs semaines d’hospitalisation après avoir survécu à une énième tentative de suicide (j’ai sauté d’un viaduc situé à environ 20 mètres de haut), j’avais besoin de lire sur le tabou qu’est le suicide. Sociologue de formation, ex-journaliste et jeune écrivain belge de 32 ans, il me faut absolument « tout » comprendre. En parcourant un rayon, au sein de ma librairie préférée, où une étiquette inscrit « Suicide », j’apercevais l’ouvrage bouleversant de Muriel Keuro ; "Ne rentre pas trop tard".3 Je l’ai acheté de suite et je l’ai lu d’une traite revenue à la maison. Mes mots seront d’une banalité affligeante face à la douleur vécue par Arnaud, son petit frère Matis, sa mère Muriel et le reste de sa famille et/ou proches. Cela peut paraître violent ce que je vais écrire néanmoins la vérité est violente: la pire horreur vécue, à mes yeux - de l’extérieur - a été le combat vain d’Arnaud face à sa souffrance indescriptible. Je ne minimise pas du tout le choc, le long sentiment d’impuissance puis l’éternel et douloureux deuil de la famille et des proches mais étant régulièrement suicidaire et ayant été décrite comme « borderline » maintes fois, je ne peux que compatir au récit d’Arnaud.


Il s’avère qu’ayant subi diverses violences extrêmes enfant, je sais, malheureusement, trop bien quelles sont les limites de la compréhension médicale, philosophique, sociétale et/ou religieuse face au suicide d’un être humain. Souvenons toujours de la phrase du brillant Albert Camus : « Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »4


Le « dépakote » : une drogue légale, une camisole chimique ? Bien sûr, cela diminue certains symptômes comme l’anxiété mais ce n’est pas une solution. On ne guérit pas de dépendances et de troubles psychiques : ‘on apprend à vivre avec’ grâce à une thérapie et un bon dosage de médicaments mais si une personne, au fin fond d’elle-même, a décidé que sa vie n’avait pas de sens, que la souffrance endurée est tellement intolérable, insupportable ; une seule solution se présente à elle : ne plus exister, ne plus être, se donner la mort.


A vous qui me lisez, que vous soyez athé(e), agnostique et/ou croyant(e), je souhaite vous dire ceci : il n’existe aucune solution miracle. La science, même au XXI e siècle, a ses limites. Il n’y a rien d’étonnant au fait que Dalida, Marilyn Monroe et d’autres célébrités aient lu Freud pour essayer de comprendre leurs douleurs face à la vie. Si vous désirez me contacter pour discuter avec moi ; n’hésitez-pas. Aurore Van Opstal (aurorevanopstal@gmail.com)



4A lire absolument « Le mythe de Sisyphe » paru en 1942 : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Les-Essais/Le-mythe-de-Sisyphe#

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