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Affaire Dutroux : « Nous n'avons pas été au bout du dossier Bis »


30/11/2019 La possibilité d'une libération conditionnelle de Marc Dutroux, dans les prochaines années, suscite un débat toujours aussi intense au sein de la société, 23 ans après la découverte des corps sans vie de Julie, dont on aurait fêté, hier, le 33e anniversaire. , et Mélissa. La récente demande des avocats du « monstre de Marcinelle » d'effectuer une analyse psychiatrique sur leur client en vue de déterminer s'il représente encore un danger pour la société a ravivé de douloureux souvenirs.

Y compris chez l'un des personnages clés de l'enquête judiciaire. À l'époque, Michel Bourlet était procureur du Roi de Neufchâteau. Il a joué un rôle capital dans l'arrestation de Marc Dutroux, de Michelle Martin et de Michel Lelièvre. Michel Bourlet n'écartait pas la thèse d'un réseau. Avec une phrase choc qui aura un énorme rétention : « J'irai jusqu'au bout, si on me laisse faire !

À la retraite depuis 2009, il estime aujourd'hui que « tout n'a pas été fait, dans l'enquête ».

Michel Bourlet passe son temps libre à jouer dans des pièces de théâtre, à chanter dans quatre chorals, à jouer du saxophone, voyager, profiter de sa famille et, chaque matin, récolter des légumes dans son jardin et nourrir ses poules. « Hier j'étais sur scène et demain je suis en répétition, à Bruxelles » , confie-t-il.

Du haut de ses 70 ans, avenant et souriant, il nous accueille dans sa demeure chaleureuse de Paliseul, en province de Luxembourg.

L'homme se montre très vite en verve à l'évocation de Marc Dutroux, prédateur sexuel condamné en 2004 pour, notamment, l'assassinat, la séquestration et la viol des petites Julie Lejeune, Melissa Russo, An Marchal et Eefje Lambrecks. « J'en ai gros sur la patate ! Ça me reste là. En travers du gosier ! Ma déception sur l'enquête Dutroux est liée au fait que nous n'avons pas été au bout du dossier Bis. Je n'ai pas ma certitude. Nous avons des profils génétiques de 28 inconnus qui n'ont jamais été comparés à des suspects» , commence l'ex-procureur, avant d'embrayer sur un curriculum vitae factuel.

« Je vous rappelle les faits : en 2000, le juge Jacques Langlois m'évoque les microtraces ainsi que les milliers de cheveux retrouvés dans la cache de Marcinelle et dans le véhicule Renault Trafic blanc de Dutroux. Il refuse de les analyser. Je n'étais pas d'accord et je me suis tourné vers la chambre des mises en accusation. Elle m'a donné raison : le dossier Bis est né. J'avais, à l'époque, réalisé un réquisitoire avec une trentaine de pistes à 'gratter'. De mémoire, suite aux analyses en laboratoire, il restait 28ADN d'inconnus dont deux profils génétiques féminins. Il aurait fallu les comparer aux ADN de suspects.

Et l'ancien magistrat de poursuivre : « Il y avait, par exemple, beaucoup de faisceaux de présomptions envers Niccolo Mazzara, Marcel Marchal et Michel Piro. Mais, après que j'ai livré mes derniers devoirs d'enquêtes, j'ai appris, en 2010, environ un an après mon départ à la pension, que le dossier Bis était classé sans suite. Quelle déception !”

Aurore Van Opstal

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